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Marion Maréchal Le Pen, comme au Moyen-Age (époque du niveau de votre réflexion), je vous jette mon gant à la figure et vous défie en duel verbal Aziz Senni

Marion Maréchal Le Pen, comme au Moyen-Age (époque du niveau de votre réflexion), je vous jette mon gant à la figure et vous défie en duel verbal

En Novembre 2005, au même moment que les révoltes des banlieues qui suivirent le décès de Zyed et Bouna, mon premier livre coécrit avec Jean-MArc Pitte "l'ascenseur social est en panne, j'ai pris l'escalier" paraissait aux éditions l'Archipel.

Dans tous les médias qui me donnèrent la parole, j'expliquais combien, moi le gamin du Val Fourré, pur produit de ce béton anxiogène, je comprenais ces révoltes sociales qui, à défaut d'un message politique structuré, n'en demeuraient pas moins l'expression d'un véritable cri de douleur, un appel à l'aide de tout un pan de la population qui en avait assez d'être exclu, stigmatisé, insulté, méprisé, rejeté.
Je prédisais même (en étant accusé d'alarmisme) que si rien n'était fait contre ce que certains appelleront plus tard "l'apartheid social" les prochaines révoltes seraient beaucoup plus violentes car les inégalités s'aggravaient aussi bien dans nos banlieues que dans nos zones rurales.

Aujourd'hui, 10 ans après, en lisant les propos de Marion Maréchal Le Pen, je suis en colère.

Une colère qui s'ajoute à celle d'un jugement rendu qui n'est pas apaisant pour les familles des victimes et d'une manière générale n'apaise en rien les habitants de nos banlieues qui attendaient, encore une fois, un signe du "système".

Quand on a hérité de tout, que l'on ne sait battu pour rien,
quand on n'a mangé à sa faim sans connaître la difficulté des fins de mois,
quand on ne sait pas ce que c'est de ne pas partir en vacances,
quand on a pour seule compétence d'être née avec un nom, de l'exploiter au mépris de l'Histoire,
quand on est l'héritière de compte en Suisse,
quand on ne sait pas ce qu'est la difficulté renforcée d'accéder aux logements, aux stages, à l'emploi, aux loisirs, parce que papa ou grand papa s'occupe de tout,
quand on ne sait pas, dans sa chair, ce qu'est la relégation territoriale, sociale, économique, culturelle,
quand on ne sait pas tout cela, on devrait clairement se taire et remercier chaque jour le Ciel d'être né au bon endroit. On devrait surtout, faire honneur à l'écharpe tricolore de représentant de la République en apaisant les esprits sans tenir des propos qui relèvent de l'appel à l'insurrection civile.

Madame Le Pen attend sûrement que cette banlieue se soulève, qu'elle lui réponde de manière violente pour lui donner raison, pour contribuer à sa progression dans les sondages, pour la conforter un peu plus, elle et son clan familial, dans leur propagation de la haine de l'Autre.

Et bien non !

Le mépris sera la réponse de certains.

Quant à moi, ma réponse est une invitation à vous répondre "les yeux dans les yeux" madame Le Pen. Venez débattre avec un pur produit de banlieue qui aura les arguments pour vous expliquer votre bêtise.

Oui, si un média est intéressé, j'aimerai pouvoir débattre publiquement avec vous et répondre de vive voix à cette jeune femme afin de démontrer, si besoin en était, que cette banlieue que vous insultez est aussi l'avenir de notre pays et sera toujours là pour vous barrer la route à vous, à celles et ceux qui veulent diviser notre pays, à celles et ceux qui ont fait de la haine leur business idéologique !


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  © Aziz SENNI * 2010 - 2017 * Reproductions interdites * Photos Steven Wassenaar.